Enseignement en France
Principes Rôle
de l'Etat
Organisation
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Ensemble des caractéristiques du système éducatif tel qu'on l'observe en France; le rôle primordial qu'y joue l'État, notamment pour ce qui concerne la mise en œuvre du principe fondamental de l'égalité d'accès à l'éducation, apparaît comme l'un des traits distinctifs de ce système.
Les
principes fondateurs: Les grands principes régissant
le système éducatif français, posés dès la Révolution française, ont progressivement
été appliqués au cours du XIXesiècle, notamment grâce à l'œuvre législative
du premier Empire et de la IIIeRépublique . L'affirmation de l'obligation
scolaire, celle de la gratuité et de la laïcité de l'enseignement public n'ont
jamais été remis en cause depuis, et l'on a plutôt assisté à une mise en application
de plus en plus extensive de ces principes. Ainsi, alors que, depuis 1959, l'instruction
est obligatoire pour tous les enfants entre six et seize ans, on observe aujourd'hui
que la scolarisation des jeunes Français se fait de manière beaucoup plus précoce
(plus de 99% des enfants de trois ans sont ainsi scolarisés à l'école maternelle)
et se prolonge en moyenne de deux ans au-delà de l'âge obligatoire(16 ans).
Le coût de l'éducation est essentiellement assumé par la collectivité: l'enseignement
public est entièrement gratuit, à l'exception des droits d'inscriptions, relativement
modiques, exigés dans l'enseignement supérieur. L'enseignement public français
est soumis à la règle de la neutralité, en matière religieuse, philosophique
et politique. Cependant, dans la mesure où la Constitution de la République
garantit la liberté de l'enseignement, s'est maintenu un système d'enseignement
privé, pour une large part confessionnel. L'organisation des rapports entre
celui-ci et la collectivité fait, depuis la loi consacrant la séparation de
l'Église et de l'État en 1905, l'objet d'une querelle scolaire spécifiquement
française, récurrente à travers l'histoire. Pourtant, cette querelle apparaît
largement symbolique, puisque 90% des établissements privés sont liés par contrat
à l'État, qui exerce ainsi un contrôle, notamment pédagogique, sur ceux-ci,
en contrepartie d'une aide matérielle. Une dernière règle veut que la définition
et la création des grades et diplômes soient réservées à l'État: les examens
publics sont ouverts à tous.
Le
rôle de l'État : L'État est le garant de ces principes
fondamentaux, et a pour mission de définir les objectifs généraux de la politique
d'éducation, d'organiser et de contrôler l'enseignement public et l'enseignement
privé sous contrat. L'enseignement public est placé sous l'autorité directe
du ministère de l'Éducation nationale, mais d'autres ministères peuvent également
être compétents, tel celui de l'Agriculture pour les lycées d'enseignement agricole.
L'Éducation est devenue, au milieu des années 1990, le premier budget de l'État,
avec une part d'environ 18%. En 1996, 12,7millions d'élèves et d'étudiants,
soit 21,8% de la population totale, étaient scolarisés dans l'ensemble des établissements
publics et privés: ces derniers sont fréquentés par 8 à 20% des jeunes selon
les degrés d'enseignement. 815000 enseignants exercent dans les 72730 établissements
scolaires français. Le système éducatif français demeure fortement centralisé.
Toutefois, après la réforme de 1968 qui a accordé l'autonomie de gestion aux
universités, une transformation majeure est intervenue avec les lois de décentralisation
de 1983 et 1985. Un partage des compétences s'est opéré entre l'État et les
collectivités territoriales: de même que les communes avaient déjà (depuis la
loi de 1816) la charge de l'investissement et du fonctionnement matériel des
écoles primaires, les départements et les régions sont désormais responsables
des infrastructures scolaires pour l'enseignement secondaire. L'État conserve
la définition des objectifs généraux de la politique d'éducation, des contenus
et des programmes. Il assure le recrutement et la formation des enseignants,
ainsi que la gestion et la rémunération de l'ensemble des personnels travaillant
dans le secteur public.
L'organisation
du système éducatif: Dès 1793 avait été fixée l'organisation
en trois degrés du système éducatif français: tous les enfants reçoivent un
enseignement primaire identique. Les grandes réformes des années 1960 et
1970, accompagnant l'accroissement démographique et l'évolution de la demande
sociale en matière d'éducation, ont permis l'élargissement de l'accès à l'enseignement
secondaire et à l'enseignement supérieur. Tous les élèves, à l'issue de
l'école primaire, entrent dans le premier cycle du secondaire
(collège). C'est à la fin de celui-ci que s'effectue une première orientation,
décisive mais qui n'est plus définitive, entre un cursus généraliste et une
formation professionnelle. Le baccalauréat, qui sanctionne la réussite dans
le deuxième cycle du secondaire, ouvre la voie à l'enseignement supérieur. L'université
connaît depuis plusieurs années un afflux massif d'étudiants, qui s'explique
mécaniquement par l'arrivée de classes d'âge ayant poursuivi en plus grand nombre
leurs études secondaires, mais également par la croissance de la demande sociale
de scolarisation, dans un contexte économique marqué par l'accroissement du
chômage. Cette tendance est renforcée par la volonté politique, affirmée en
1989 par le législateur dans la loi d'orientation sur l'éducation, de faire
parvenir, d'ici l'an2000, 80% d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat.
D'une manière générale, la démocratisation du système éducatif, qui a permis
une hausse incontestable du niveau d'éducation des Français, pose le problème
de l'adaptation, nécessairement coûteuse, des structures et des contenus d'enseignement
à un public à la fois plus important et très divers. Au cours des années 1980
et 1990, plusieurs rapports d'experts ont souligné que l'uniformisation des
enseignements avait pour conséquence de renforcer la sélection sociale et scolaire.
Aussi, les gouvernements qui se sont succédés depuis le milieu des années 1980
ont-ils mis l'accent sur la nécessité d'apporter un soutien particulier aux
élèves en difficulté afin de lutter contre l'échec scolaire: 100000 jeunes sortent
encore chaque année du système scolaire sans qualification ni diplôme. Afin
de renforcer l'égalité des chances, des moyens supplémentaires ont également
été donnés aux établissements accueillant des populations socialement plus défavorisées
(zones d'éducation prioritaires) et l'ensemble des établissements primaires
et secondaires publics ont été invités à définir des projets pédagogiques, favorisant
l'ouverture de l'école, lieu majeur de socialisation, sur son environnement
extérieur. Un autre axe de la politique éducative dans les deux dernières décennies
a été de développer l'enseignement professionnel, longtemps dévalorisé par rapport
aux filières généralistes, et de multiplier les relations entre l'école et le
monde du travail.
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